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Paris Ile-de-France
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Peinture, sculpture, installation, photographie, vidéo…
Dans les grands musées de Paris Ile-de-France, les artistes du XXe siècle et d’aujourd’hui ont depuis longtemps une place attitrée, que ce soit à travers des collections permanentes ou des expositions temporaires.
Les collections d’art contemporain dans les musées
Première collection d’art moderne et contemporain d’Europe, le Centre Pompidou reste avant tout un musée réparti sur deux étages ; l’un étant consacré à la modernité (1900-1960), l’autre aux développements de l’art des dernières décennies. L’accrochage dresse un panorama d’une incroyable richesse des pratiques artistiques contemporaines. Mais le Centre est aussi un lieu pluridisciplinaire, accueillant de grandes expositions temporaires consacrées à la peinture, à la photographie, l’installation, la vidéo, le cinéma, le design ou l’architecture. Alors que le dernier étage est dévolu aux expositions historiques, le rez-de-chaussée s’intéresse à la création la plus contemporaine, notamment à travers l’espace 315 dédié aux artistes nationaux et internationaux de moins de 50 ans.
En l’espace de quelques années, le MAC/VAL de Vitry-sur-Seine s’est affirmé comme une institution dynamique ouverte aux artistes tant français qu’internationaux. À partir d’une belle collection d’art contemporain structurée autour de l’abstraction géométrique, la figuration narrative, le nouveau réalisme ou les grands noms de l’art français contemporain, le MAC/VAL propose d’ambitieuses expositions monographiques d’artistes français. Tous disposent d’un espace de 900 m². Claude Closky, Jacques Monory, Claude Lévêque ou Alain Bublex y ont réalisé des propositions remarquées.
Avec le Centre Pompidou, le Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris constitue l’autre grande institution parisienne pour la richesse de ses collections permanentes mais également pour ses expositions temporaires. Situées au sous sol, les collections offrent un panorama assez complet de la création des 50 dernières années. A noter une section vidéo qui mérite à elle seule le déplacement. En matière d’exposition, cette institution propose au rez-de-chaussée de vastes rétrospectives d’artistes du XXe siècle. A l’étage, l’arc (Art Recherche Confrontation) s’est imposé en quelques décennies comme une structure ouverte aux grands artistes internationaux vivants. Chacune de ses expositions constitue un événement artistique de qualité.
Intervention contemporaine dans les musées parisiens
De très nombreux musées ont ouvert ces dernières années leurs collections historiques à l’art contemporain. Dans ce domaine le Musée Zadkine fait figure de précurseur avec des cartes blanches données aux artistes vivants. Sur le même principe, le Musée Bourdelle ou le Musée Maillol demandent très régulièrement à des artistes confirmés d’intervenir au sein de leurs collections. Le dialogue entre création contemporaine et fond plus ancien est souvent passionnant, sujet à de multiples découvertes et relectures.
Le Musée de la Chasse et de la Nature développe une politique similaire. Autour d’un thème spécifique, de nombreux artistes interviennent de manière pérenne dans les collections. En bousculant l’accrochage, en introduisant des réalisations faussement sérieuses, ils réussissent à transformer l’esprit de cette institution. Le résultat toujours étonnant et ludique rencontre un vif succès auprès du jeune public.
Autre nouvelle étape parisienne, l’Hôtel de la Monnaie. Depuis quelques mois, l’endroit s’est ouvert à d’ambitieuses expositions orientées essentiellement vers l’image contemporaine comme le démontrait les rétrospectives Henri Foucault ou David lachapelle.
Enfin, le Musée du Louvre et le Musée d’Orsay mènent une politique volontariste afin de faire entrer l’art contemporain au sein de leurs espaces. Pour le Louvre, cela se déroule sous la forme de commandes prestigieuses (François Morellet en septembre 2009 puis Cy Twombly en mars 2010). Concernant Orsay, cette intrusion prend la forme d’une carte blanche accordée à un artiste vivant qui produit une œuvre en relation à celles prestigieuses de la collection.
Nombreux sont les lieux dédiés à toutes les expérimentations de la création contemporaine. Si certains se cantonnent aux arts plastiques, la plupart déploient leurs programmations vers d’autres domaines comme la musique, la danse, le cinéma ou la vidéo.
Les pôles novateurs
Paris Ile-de-France compte un grand nombre de centres d’art contemporain aux fonctions et aux statuts différents. De tous, le Palais de Tokyo est sans doute l’espace le plus ouvertement expérimental. Ce gigantesque édifice a pour mission d’inviter les acteurs les plus dynamiques de la scène artistique internationale. Le lieu s’organise donc comme un espace ouvert à tous, fermant tard le soir, proposant diverses expositions simultanées, des conférences, des concerts, des interventions d’écrivains ou de philosophes. Même si l’exubérance des débuts a cédé la place à une programmation plus réfléchie, le Palais de Tokyo reste encore le lieu de toutes les découvertes. A noter, une librairie pointue ou l’on trouve les magazines les plus branchés au monde et une boutique dédiée aux produits dérivés créés par des artistes. 
Autre centre d’art incontournable, l’Espace Paul Ricard. Sa spécificité tient en quelques mots : inviter régulièrement les commissaires les plus au courant des nouvelles tendances, des nouvelles formes d’expression de l’art. Leurs expositions peuvent passionner, exaspérer mais elles ne laissent jamais indifférent. Situé à Ivry, le Crédac propose une politique d’exposition tout aussi ambitieuse et innovante. Résolument tourné vers les artistes en devenir, le Crédac s’oriente majoritairement vers les installations et démarches liées à l’implication du spectateur.
Longtemps le Plateau fut considéré comme le plus cérébral de tous ces centres d’art. Installé dans le 19ème arrondissement, quartier des nouvelles galeries et autres lieux alternatifs, le Plateau offre une programmation de qualité orientée majoritairement vers des artistes internationaux préoccupés par les questions sociales et les impasses de nos sociétés.
Au sud de Paris, le Domaine de Chamarande se compose d’un magnifique parc arboré et d’un château du XVIIe siècle ouvert au public. Dans ce dernier, les espaces intérieurs sont régulièrement le cadre de belles expositions orientées vers la jeune création. Ces présentations entrent souvent en résonance avec les installations in situ du parc donnant à ce domaine un charme indéniable grâce à la cohabitation harmonieuse du patrimoine et de l’art contemporain.
A l’est de la capitale, la Ferme du Buisson soutient la création avec un fort investissement en faveur de la danse et du cinéma mais aussi des arts plastiques. Les expositions ont pour thème commun de percevoir l’art comme possibilité d’une remise en cause des fondements de notre civilisation notamment dans sa dimension politique et idéologique.
Autre lieu assez expérimental, le CAC de Brétigny poursuit depuis des années une politique d’exposition novatrice notamment en faveur de la vidéo ou de la musique mais toujours traité sous l’angle des arts plastiques. La programmation pointue s’est vite imposée comme un modèle du genre par sa capacité à inventorier les scènes émergentes et marginales de l’art contemporain.
Des programmations à suivre
Qu’ils soient publics ou privés, ces lieux traitent de l’art contemporain mais sous une forme sans doute moins expérimentale, moins tournée vers la jeune création. C’est notamment le cas de la Maison Rouge fondée en 2003 par Antoine de Galbert, collectionneur passionné d’art contemporain. Initialement ce vaste espace magnifiquement restauré avait pour but de présenter de grandes collections privées d’art contemporain, françaises ou internationales. Cette programmation permet encore aujourd’hui de découvrir de vastes ensembles construits avec goût et souvent un indéniable investissement pour l’art le plus actuel. Depuis peu, cette fondation présente aussi des expositions monographiques toujours d’une grande qualité. On peut aussi bien y découvrir un pan méconnu de l’œuvre de Warhol que l’ensemble des vidéos d’un artiste mexicain ou indien. Ce lieu convivial est complété d’une cafétéria.
Tout aussi exceptionnel en terme d’espace est la Fondation Cartier dans le 14ème arrondissement. Cependant, bien que passionnante, la programmation est moins impliquée dans la découverte des nouvelles pratiques, préférant les artistes en milieu de carrière disposant déjà d’une très forte renommée internationale.
Moins connu, l’Espace EDF Electra accueille de vastes expositions consacrées aux sujets les plus divers. Au sein de cette programmation éclectique, nombreuses sont les thématiques tournées vers l’art contemporain. Cette fondation propose généralement des scénographies d’une inventivité sans équivalent.
Citons également le Passage de Retz, dont la programmation aléatoire offre néanmoins quelques expositions thématiques sur des sujets pointus.
Regroupés sous le terme générique de Laboratoire, ces divers lieux ont en commun de ne pas disposer de collection. Ils se perçoivent plutôt comme des structures d’accueil où artistes, musiciens, danseurs, chorégraphes, cinéastes peuvent produire leurs œuvres.
De la résidence à l’exposition
Les arts plastiques ne sont pas absents pour autant comme le prouve le CENTQUATRE. Dernier né des grands lieux du nord parisien, le CENTQUATRE est avant tout un ensemble de résidences où écrivains, scénaristes, chercheurs et jeunes créateurs disposent d’un atelier pour mener leur réflexion ou concevoir leurs œuvres. Le résultat de ces recherches est régulièrement exposé. Cet établissement artistique de 30 000 m² cherche avant tout à créer un lien entre les artistes et les visiteurs à travers des rencontres, des conférences, des ateliers pour les enfants. Il offre une programmation d’une indéniable richesse. Deux autres structures se distinguent par la qualité de leur engagement : les Laboratoires d’Aubervilliers et Mains d’œuvres.

Comme son nom l’indique, les Laboratoires d’Aubervilliers se veut une structure de recherche pour les artistes et les créateurs avant même d’être un espace d’exposition. Composé d’ateliers, de studios d’enregistrement ou de post production, de résidences, cette structure aide les artistes à concevoir puis réaliser un projet. Autour de l’idée de croisement des pratiques, du mélange des genres et de la nécessité de redéfinir l’œuvre d’art aujourd’hui, ce centre de recherche mène une politique très prospective. Chaque recherche donne lieu à une présentation publique qui peut durer une soirée ou plusieurs semaines dans le cas des propositions plastiques.
Mains d’œuvres à Saint-Ouen suit un programme similaire avec nombres d’ateliers, studios, salles de répétition. Tout aussi dynamique, cet espace moins ouvert au public que les Laboratoires d’Aubervilliers, propose également une riche programmation. Constitué aussi sur le principe de résidences, le Point Ephémère (dit aussi Point P) propose à ses invités de livrer un condensé de leurs pratiques lors d’une présentation toujours surprenante. Ouvert en 2004 le long du canal St Martin, cette structure reste essentiellement tournée vers les spectacles (musique, danse) mais offre aussi des expositions d’art plastique souvent provocatrices.
L'art contemporain dans les marges
Autre lieu d’exception fonctionnant selon des principes similaires : la Kadist Art Foundation. Cette structure privée créée en 2001 dispose d’une collection d’art contemporain cohérente. Elle se tourne volontiers vers les pratiques les plus novatrices en invitant régulièrement les forces vives de la création contemporaine, exposées dans un bel espace lumineux.
De même Confluence dans le 20ème arrondissement est une structure très ouverte sur la vie du quartier. Bien qu’orienté vers le théâtre, les conférences et les projections, ce lieu propose régulièrement des interventions de plasticiens de grande qualité.
Toujours dans le 20ème arrondissement, Immanence se présente comme un lieu d’exposition, de diffusion, de production et d’expérimentation en faveur de la création la plus actuelle. Investissant les divers champs artistiques, cette structure invente d’étonnantes expositions qui toutes questionnent ce que signifie produire de l’art en ce début de XXIe siècle.
Mais de tous ces lieux, le Laboratoire situé en plein centre de Paris est sans aucun doute la structure la plus innovante. Chacune de ses expositions résulte du dialogue entre un artiste et un scientifique mondialement reconnu. De cette rencontre surgit une problématique qui par la suite donne lieu à une exposition mais aussi une série de conférences démontrant que science et art peuvent s’unir dans un fructueux dialogue.
Le CNEAI à Chatou occupe une place un peu particulière dans la géographie de l’art contemporain. Lieu de production et d’exposition, le CNEAI reste avant tout une structure dédiée à l’imprimé. Estampes, livres d’artistes, lithographies sont donc ici à l’honneur. Depuis 1997, date de sa création, cette structure de taille modeste invite régulièrement des artistes pour des interventions temporaires qui toutes approfondissent notre rapport complexe avec l’image, l’écrit et surtout l’objet. Le CNEAI dispose également d’une impressionnante collection de multiples, revues et livres d’artistes consultables sur simple rendez-vous.
Beaucoup d’écoles d’art disposent d’une galerie pour l’art actuel. Plus qu’un simple espace pour les travaux de leurs étudiants, ces écoles proposent souvent des expositions novatrices, interrogeant la spécificité des pratiques contemporaines.
La plus réputée reste celle de l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris. Cette école dispose d’un vaste espace normalement dévolu à de grandes expositions thématiques. Elle permet tout autant de présenter les jeunes diplômés ou des pans de l’importante collection historique du lieu. Elle sert aussi de réceptacle à des propositions ambitieuses qui tentent de faire le point sur des scènes peu connues comme l’Inde ou la Corée.
Connue seulement des passionnés pour sa capacité à repérer les talents de demain, la Galerie Edouard Manet à Gennevilliers dépend aussi d’une école d’enseignement artistique. Sa petite galerie accueille tous les deux mois une intervention d’un artiste émergeant ayant séjourné en résidence dans l’école.
Autre espace d’art contemporain adossé à une école : la Maréchalerie de Versailles. Située à l’intérieur d’une école d’architecture, la Maréchalerie est un centre d’art consacré à l’architecture. Très régulièrement, elle invite de jeunes artistes interrogeant les structures humaines, le partage entre l’espace public et la sphère de l’intime, autant de frontières que des artistes actuels revisitent à travers un art se situant à la frontière entre architecture, sculpture et installation.
Quant au Cube à Issy-les-Moulineaux, il reste une structure unique en France par son dynamisme et surtout son intérêt pour toutes les formes d’art numérique. Outre ses ateliers de formations, ses divers festivals, sa programmation éclectique sur l’actualité des créations sur le net ou en animation 3D, le Cube permet de découvrir l’actualité et la richesse de la création numérique à travers des expositions toujours ludiques et captivantes.
Paris Ile-de-France est rythmé par de grands événements reconnus internationalement. Foires, salons, expositions hors normes et manifestations publiques d’envergure prouvent et récompensent la vigueur de l’art contemporain.
Les foires et salons
De toutes les foires, la plus renommée reste la FIAC. Elle s’installe courant octobre au Grand Palais et au Louvre. Dans l’enceinte imposante du Grand Palais sont réunies près de 200 galeries internationales reconnues par le marché. Leurs stands restent majoritairement dévolus aux maîtres de l’art moderne et contemporain des cinquante dernières années que ce soit en peinture, sculpture, photographie, installation ou vidéo. Volontiers éclectique, le second volet de la FIAC se trouve dans la Cour Carré du Louvre. Ici, sont rassemblées 70 galeries plus orientées vers les dernières tendances et les talents émergeants.
Au même moment, d’autres foires parallèles s’installent à Paris. La plus passionnante est Show Off, elle permet de belles découvertes en exposant des artistes en devenir, tout juste sortis des écoles d’art. Certains accèderont à la notoriété, d’autres non. Les prix y sont plus raisonnables et permettent à ceux qui se sentent un esprit d’aventurier de débuter une collection.
Au printemps, Art Paris s’installe quelques jours au Grand Palais. Avec les années, la qualité des 120 galeries sélectionnées s’est affirmée. Plus orientée vers la peinture que la FIAC, cette foire permet aussi de redécouvrir la pluralité de la scène française, notamment les artistes confirmés mais régulièrement absents des expositions dans les grandes institutions.
Depuis 2009, le Salon de Montrouge est en mutation. Fondé au lendemain de la seconde guerre mondiale, ce salon qui avait connu son heure de gloire dans les années 1960, n’était plus que l’ombre de lui-même. Nouveau jury composé de professionnels, scénographie inventive par l’une des stars du design d’aujourd’hui, sélection plus draconienne des artistes (moins de 100), autant de nouveaux atouts pour un événement qui devrait retrouver tout son lustre ancien.
Les nouveaux rendez-vous
Monumenta et la Force de l’Art sont deux manifestions hors normes. Monumenta propose chaque année à un artiste de renommée internationale de se mesurer avec l’espace imposant de la Nef du Grand Palais. L’exposition conçue comme une scénographie originale constitue un événement exceptionnel tant par les moyens déployés que par le dialogue instauré par l’artiste avec la monumentalité de l’espace. A cette occasion, chaque artiste est également libre d’imaginer une programmation annexe, composée de soirées, projections, concerts, conférences et même de spectacles de danse contemporaine. Après l’artiste allemand Anselm Kieffer en 2007, Richard Serra en 2008, c’est au tour de l’artiste français Christian Boltanski d’investir le lieu en 2010 avec une intervention qu’il promet ludique et hors normes.
Le Grand Palais sert également d’écrin à la Force de l’Art . Prévue tous les trois ans, cette manifestation a pour objectif de dresser un panorama de la création dans notre pays. La première édition en 2007 avait vu 15 commissaires proposer leur vision de l’art contemporain. En 2009, trois commissaires différents ont imaginé une scénographie complexe à partir d’une architecture de Philippe Rahm. Près de 45 artistes étaient convoqués pour investir cette structure « blanche ». En parallèle, chaque soir de cette triennale d’art contemporain multiplie les événements : concerts, performances, théâtre. Cette programmation riche permet surtout de prendre la mesure de l’inventivité et de la mixité des pratiques artistiques en France.
Festivals et nuit blanche
Chaque année, début octobre, la Nuit Blanche investit Paris Ile-de-France le temps d’une nuit. Concerts, expositions, performances rythment cet événement qui prend place dans les rues et quelques lieux insolites. Surtout, la Nuit Blanche donne la possibilité à certains artistes d’imaginer des installations étranges, ludiques et non dénuées d’humour. Cependant, la programmation varie chaque année en fonction de la personnalité de son commissaire général. Certaines années, les arts de la rue sont à l’honneur, d’autres, le théâtre ou les arts plastiques.
D’années en années, le Festival d’Automne déploie une programmation dans laquelle danse, musique et théâtre répondent à des expositions d’art plastiques. Investissant divers lieux atypiques de la capitale (tel la Chapelle de la Salpêtrière), le festival permet à des artistes reconnus de construire d’imposantes expositions ou installations.
Enfant chéri de l’art contemporain, la photographie dispose d’une vitrine particulièrement riche à Paris Ile-de-France, aussi bien en termes de conservation que d’actualité. Voici les principaux lieux et événements où l’image fixe est reine.
Musées et centres d’art pour la photographie
Ignorée il y a quelques décennies, la photographie bénéficie désormais de nombreux lieux d’expositions dont notamment le Jeu de Paume. Située en bordure de la place de la Concorde, cette institution accueille des expositions temporaires. Orienté vers les acteurs historiques de ce domaine (Robert Franck, Lee Miller, Steichen) où s’interrogeant sur le devenir de l’image photographique (Jordi Colomer, Pierre et Gilles), le Jeu de Paume invite également de jeunes artistes pour investir certains de ses espaces.
Autre institution d’envergure, la Maison Européenne de la Photographie. Plus traditionnel dans son approche de la photographie, cet ancien hôtel particulier du Marais possède également une collection et un centre de documentation d’une exceptionnelle richesse. En interrogeant certaines pratiques de la photographie plus marginales, les expositions temporaires permettent souvent de belles découvertes et révèlent des photographes vivants jusqu’alors peu connus.
Situé à Pontault-Combault, le Centre Photographique d’Ile-de-France (CPIF) est, de toutes ces institutions, la plus résolument tournée vers l’actualité de l’image fixe ou animée. Dans ses vastes espaces d’exposition, le CPIF investit les pratiques les plus novatrices en matière de photographie, n’hésitant pas à révéler des jeunes artistes émergeants français et internationaux.
Salons et événements à ne pas manquer
Concernant la photographie, et plus particulièrement la photographie contemporaine considérée comme une branche de l’art contemporain, trois événements essentiels permettent de voir les dernières tendances.
Fondée en 1980, le Mois de la Photographie s’installe dans les musées, galeries et centres d’art de la métropole parisienne tous les deux ans (années paires). Lors de sa création, ce rassemblement d’initiatives diverses avait pour but de défendre la photographie alors peu considérée par le monde de l’art. De nos jours, la situation est fort différente et le succès du mois de la photographie l’a même conduit à devenir une manifestation européenne. Autour d’un thème fédérateur, tous les lieux liés d’une manière ou d’une autre à la photographie organisent des expositions, conférences, projections. L’offre pléthorique permet de découvrir quelques grands ancêtres mais aussi de percevoir les nouvelles créations en photographie de mode, en reportage ou dans la photographie plasticienne.
Crée en 2007, à l’initiative du Musée du Quai Branly, Photoquai, biennale des images du monde, est programmée en alternance, les années impaires.
Autre événement incontournable, Paris Photo. Ce salon se déroule chaque année dans l’enceinte du Carrousel du Louvre. De réputation mondiale, il rassemble les plus importantes galeries spécialisées dans ce domaine. L’espace d’une semaine, il est possible de contempler la plus belle « collection » de photographies au monde couvrant aussi bien ses origines au XIXe siècle que les dernières tendances. Paris Photo permet également de rencontrer nombre d’acteurs de ce milieu lors de signatures organisées par les grandes maisons d’éditions.
C’est dans les années 60 que s’est engagée une véritable politique de commandes publiques en faveur des artistes contemporains. Aujourd’hui, tout promeneur peut découvrir en mille lieux de Paris Ile-de-France de surprenantes réalisations.
De toutes ces réalisations pour l’espace public, les Deux Plateaux de Daniel Buren au Palais Royal reste la plus célèbre.
Mais Paris Ile-de-France recèle de nombreuses autres œuvres tout aussi importantes tels la monumentale Bicyclette ensevelie de Claes Oldenburg au Parc de La Villette, Memento Mori de Dennis Adams à Saint-Denis ou l’Hommage à Arago de Jan Dibbets, ces clous de cuivre plantés dans le sol et répartis sur l’axe de la Méridienne dans Paris.
Certaines commandes s’inscrivent à l’intérieur d’édifices ouverts aux visiteurs. C’est notamment le cas dans certaines églises ou des artistes contemporains ont été invités à concevoir les vitraux. Loin d’être de simples décorations, ces vitraux méritent le détour tant ils révèlent et illuminent avec intelligence des nefs et travées autrefois si sombres (église de Lognes par Christophe Cuzin, église de Varennes Jarcy par Carole Benzaken…).
D’autres interventions sont visibles dans des espaces atypiques tels la Salle des départs d’Ettore Spalletti à l’Hôpital Raymond Poincaré de Garches, le Wall Drawing de Sol Lewitt à Champs-sur-Marne, le Monument de Normandie-Niemen d’Ilya Kabakov à Orly, l’Oiseau Pylône d’Olivier Agid dans le Parc Marcel Cachin ou l’étonnante intervention de Bernar Venet à la Cour des Comptes.
Outre ces réalisations imposantes, Paris compte un ensemble exceptionnel de murs peints par des artistes essentiellement dans les années 1980. Les découvrir permet de voyager dans un Paris peu connu et de s’aventurer dans des rues des divers arrondissements.
Citons juste pour mémoire Alechinsky (Vème), Hervé Télémaque (XIème), et surtout la rue de Belleville dans le XIXème avec Jean Le-Gac, Ben, Marie Bourget, J.-M. Albert…
Tramway parisien et art contemporain
Enfin, la réalisation de la nouvelle ligne de tramway dans le sud parisien fut l’occasion de commandes auprès d’artistes contemporains. Ces réalisations novatrices, en rupture avec l’ancienne conception de l’œuvre d’art dans un espace publique mérite le détour. Des neuf réalisations celles de Christian Boltanski, de Dan Graham, de Frank O. Gehry ou Sophie Calle se distinguent par leur inventivité.