Alors que la lutte sur le marché des néo-banques est terrible, il semblerait que les premiers acteurs en fassent les frais. Selon les informations récupérées par BFM TV, et depuis relayées par divers médias dont Presse-citron, Carrefour souhaiterait se débarrasser de cette offre bancaire qu’il ne juge pas à la hauteur de ses espérances.

Des performances pas à la hauteur

En 2014, le géant de la distribution voulait rivaliser avec le Compte Nickel en proposant un compte bancaire (associé à une carte) accessible directement depuis tous ses points de ventes. Les clients achètent un premier coffret à 5€ avec une carte bancaire et un accès au compte courant. Par la suite, ils doivent débourser 1€ par mois en guise de frais de tenue de compte.

Cette offre, bien qu’intéressante, ne semble pas avoir généré des performances suffisamment intéressantes – et c’est pourquoi Carrefour souhaiterait s’en séparer. Selon le dernier chiffre communiqué un peu avant l’été, cette offre aurait attiré 120 000 clients actifs depuis sa création. A titre de comparaison, le Compte Nickel recense 1,4 million de clients, et la néo-banque N26 en compte plus d’un million depuis quelques jours.

Si la puissance du réseau Carrefour n’a visiblement pas aidé à soutenir le déploiement de cette offre, il semblerait que le nombre de clients stagne depuis maintenant plusieurs mois. Le principal intéressé refuserait même désormais de communiquer dessus. Il souhaiterait simplement céder cette activité en le cédant « au plus offrant » pour reprendre les termes de BFM TV. Cependant, il semblerait qu’aucun établissement financier ne voudrait s’y lancer – notamment du fait que la plupart aient déjà sorti leur solution bancaire simplifiée.

Une concurrence accrue pour C-zam

Sans rentrer dans le détail de toutes les banques mobiles et comptes simplifiés que KPMG a recensé ici, on peut citer l’apparition récente de Ma French Bank, un compte simplifié porté par La Banque Postale. Il y a également Orange Bank qui, lancé il y a deux ans, commence doucement à rencontrer un certain succès. Enfin, on peut aussi citer l’offre EKO du Crédit Agricole, qui semble aussi peiner à se développer. Alors que N26 et Revolut ont le vent en poupe, les démarches françaises semblent avoir du mal à prendre.

Si l’offre est plutôt intéressante, qu’est ce qui a fait que l’aventure C-zam puisse tourner au vinaigre ? Il semblerait que le service client n’ait pas été à la hauteur, et que Carrefour ait un peu sous-estimé la quantité de personnel nécessaire pour faire fonctionner un tel service. BFM TV rapporte aussi que les caissières Carrefour, qui étaient en charge de promouvoir l’offre, n’ont pas non plus été bien formé pour communiquer dessus. Au final, le bouche à oreille n’a pas vraiment pris, et C-zam n’a jamais pu décoller.

Dans tous les cas, il faut prendre ces informations avec des pincettes tant que Carrefour n’a pas encore officialisé sa stratégie pour son service. Il se pourrait bien qu’un nouveau revirement ait lieu dans les mois à venir. Une chose est sûre : l’offre ne restera pas en l’état, sinon elle sera amenée à disparaitre totalement. Un syndicaliste de Carrefour aurait affirmé à nos confrères que le service était quand même amené à mourir à petit feu… Affaire à suivre.

Catégories : Actualités