En quelques mois, les néo-banques ont complètement changé de visage. Alors qu’elles bénéficiaient d’un contexte très favorable depuis quelques années, la crise sanitaire leur a coupé l’herbe sous le pied. Depuis le milieu du mois de mars, elles luttent toutes pour « tenir le plus longtemps possible », pour reprendre les mots du responsable Allemagne de N26.

Revolut a levé 500m$ en février

Alors que la consommation de leurs utilisateurs est en baisse, les revenus générés par les commissions ont eux aussi lourdement chuté. Les néo-banques se retrouvent donc à court d’argent, et elles doivent faire des concessions. Revolut s’en sort plutôt bien puisque la néo-banque britannique avait levé 500m$ fin février. Un timing idéal pour lui permettre de tenir la crise mieux que les autres. La fintech envisage même de se diversifier avec une acquisition stratégique – dans le secteur du voyage par exemple.

Cela dit, elle prend la crise très au sérieux, et elle n’hésitera pas à faire appel au chômage partiel si besoin – a confié le PDG. En attendant, elle aurait proposé à ses salariés d’être payés en actions (plutôt que leur rémunération traditionnelle) pour économiser. Revolut n’a pas eu besoin de faire appel aux licenciements, comme c’est le cas chez ses homologues N26 et Revolut.

Chômage et licenciements

Monzo semble être celle qui souffre le plus de la crise actuelle. La néo-banque anglaise a été obligée de fermer son support client à Las Vegas. Ce sont plus de 165 personnes qui ont été licenciées. En parallèle, elle a également réduit le salaire de certains de ses cadres. N26 a seulement licencié 9 personnes à New York, et une partie de ses effectifs européens ont été mis au chômage partiel.

Cela dit, la néo-banque allemande s’en sort quand même mieux que Monzo, et ses actionnaires lui ont donné un sérieux coup de pouce. Au courant du mois de mai, elle a levé 100 millions de dollars supplémentaires, pour une valorisation (3,5 milliards de dollars) qui est la même qu’au tour de table précédent. A titre de comparaison, Monzo lutte actuellement pour clôturer son tour de table. Selon les rumeurs, sa valorisation aurait chuté de 40%, passant de 2 milliards de Livres sterling à seulement 1,25 milliard.

Monzo, N26 et Revolut ne sont pas les seules concernées par la crise. Toute l’industrie est fragilisée, et les premières défaillances ont eu lieu. En Angleterre, c’est la néo-banque Bo qui a définitivement fermé ses portes au 30 avril. En France, le compte C-Zam a mis un terme à son activité en mai, bien que cela ne soit pas directement lié à la crise. Carrefour Banque a probablement jugé que c’était le bon moment pour mettre la clé sous la porte, en toute discrétion. Ce sont 120 000 clients français qui devront trouver une alternative bancaire à partir du 15 juillet prochain.

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